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L’Ami du Patois

mardi 13 avril 2010

E VIELE MEIJON

Tiré de "L’Ami du Patois", no 143, sept. 2009, p. 44


E meijon de chapenn
E hlè dzinte parei
Madeeina, tu t’ennchouenn
Tote broun’ne de choéi..

De doente fenéïtre
Pa méï groche kiè de j’oè

Por aounâ é j’éïtro
Em’prinjan o krejoè

Derenn hlè meijonette
Habitaë i bonô

E fatte iron evette,.
N’aei pa d’ardzin ni d’ô.

Pachaon pe hlè vae
At’é j’âlon du drâ

De ché bon drâ di fae
Kiè fajei tan bon tzâ.

Vivan de privachion
De mota e de pan dû ;
U tin di j’élechion
Bean bramin adû.

Po che metre en’ meinâdzo,
N’a table e oun forné ;
Oun voijei doeutrè âdzo
Bretchiè éivoë u borné.

E meinâ vignan dû,
E j’omo vignan vio ;
Che créan pa perdû

Porkiè i an de pio.

Ma poan proeu ch’en’ pachâ,
Iron contin de pou ;
Iron pa en’verchâ
Pe hlè meijon de bou.


Les maisons de sapin,
Et ses belles parois
Madeleine, tu t’en souviens
Toutes brunies de soleil.

De petites fenêtres
Pas plus grandes que des yeux
Pour éclairer les aîtres
On allumait la lanterne.

Dans ces maisonnettes
Habitait le bonheur
Les poches étaient légères,
Il n’y avait ni argent, ni or.

On passait par ces chemins
Avec les habits du drap
De ce bon drap de mouton
Qui tenait si chaud.

On vivait de privation
De tomme et de pain dur ;
Au temps des élections
On buvait beaucoup.

Pour se mettre en ménage
Une table et un fourneau
On allait souvent
Chercher l’eau à la fontaine.

Les enfants se suivaient
Les hommes devenaient vieux
Ils ne se croyaient pas perdus
Parce qu’ils avaient des poux.

On pouvait vivre de rien,
On était content de tout ;
Personne n’était mal intentionné

Dans ces maisons de bois.

Ché di Borne.
Transcription littérale,
Albert Lathion, Maurice Michelet.